|
• Sondage ADF / IPSOS
L’attachement des Français à leur département et leur perception de la réforme des collectivités locales
Une réforme territoriale jugée confuse, mal expliquée et non prioritaire
Présenté à l’occasion de la Réunion des conseillers généraux de France, le 16 novembre 2009, à Paris, une enquête réalisée par Ipsos Public Affairs (*) et commandée par l’Assemblée des départements de France révèlent que pour les trois quarts des Français, la réforme est jugée « confuse et incompréhensible ».
• L’enquête ADF/Ipsos révèle le lien fort qui unit aujourd’hui les Français au département. Ce lien est d’abord affectif et identitaire : plus de huit Français sur dix se disent « attachés » à leur département et considèrent que c’est une institution qui fait partie de l’identité de la France et qu’il faut préserver. Ce lien est également rationnel, fondé sur la reconnaissance du service rendu. Près de trois Français sur quatre jugent ainsi que le conseil général est un organisme utile pour répondre aux besoins de la population et portent une appréciation positive sur l’action de leur département. Les compétences principales du département sont connues d’une large majorité de Français et l’appréciation de son action sur ces différents champs de compétence est favorable, allant de 56% pour le versement des aides sociales à 75% pour l’entretien et la construction des routes.
• Le lien entre l’opinion et le département se fonde également sur la proximité avec les élus. 58% des Français déclarent en effet connaître leur conseiller général. Plus encore, et après la figure emblématique du maire, le conseiller général est vu comme l’élu le plus proche de ses préoccupations, devant le conseiller régional, le député et le conseiller communautaire. Il y a donc indéniablement dans l’opinion le sentiment d’une proximité avec le conseil général et ses élus.
• Attachement identitaire au territoire, reconnaissance de l’utilité de l’institution et de son action, proximité des élus fondent donc le rapport des Français au département. Il est important de souligner que ce rapport est partagé dans toutes les franges de populations, qu’elles que soient les appartenances sociales ou politiques. Les moins de 35 ans (79%) se disent ainsi autant attachés à leur département que les plus de 35 ans (83%). De même, les sympathisants de gauche (85%) sont aussi nombreux que ceux de l’UMP (83%) à dire que le département est une institution qui fait partie de l’identité de la France et qu’il faut le préserver. Le lien des Français au département est donc un lien consensuel, qui n’obéit à aucun clivage politique ou générationnel.
• Cet attachement s’inscrit enfin dans une dynamique nouvelle au sein de l’opinion française, celle d’une confiance de plus en plus grande dans les collectivités locales. Dans une France traditionnellement jacobine et où le rapport de l’opinion à l’Etat a toujours été particulier, l’enquête fait apparaître une petite révolution en montrant que les Français font aujourd’hui bien plus confiance aux collectivités locales (63%) qu’à l’Etat (29%) pour mettre en place des services publics performants, jugement partagé aussi bien par les sympathisants de gauche que ceux de droite. Le département bénéficie donc aussi de cette confiance générale à l’égard des collectivités locales, et par symétrie, d’une certaine défiance à l’égard de l’Etat. Ce contexte d’opinion explique aussi l’appréciation pour le moins peu enthousiaste que les Français portent à la réforme des collectivités locales engagée par le gouvernement.
• La réforme est à l’évidence aujourd’hui mal comprise par les Français qui n’en voient ni la direction, ni le contenu, ni la finalité. Sans surprise, elle ne s’inscrit pas au coeur des préoccupations puisque seuls 23 % des personnes interrogées l’estiment prioritaire. Elle manque à l’évidence de clarté et de lisibilité : les trois quarts des Français la jugent ainsi mal expliquée, confuse et peu compréhensible. Les Français se montrent également dubitatifs sur ses buts affichés : ils ne sont ainsi que 34 % à penser que « cette réforme permettra de faire des économies » et 38 % à considérer « qu’elle modernisera l’organisation territoriale de la France ». Dans le test d’argument concernant cette réforme, la majorité s’accorde sur les arguments négatifs : 54 % des Français jugent cette réforme « électoraliste » et 51 % estiment « qu’elle portera atteinte aux territoires ruraux ». Dans ce contexte, la réforme engagée par le gouvernement est perçue bien plus comme une menace pour les collectivités locales que comme une modernisation ambitieuse de l’organisation administrative de la France.
(*) Enquête réalisée par téléphone par Ipsos les 6 et 7 novembre 2009 auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 935 personne âgées de 18 ans et plus. Méthode des quotas.
|
|